Deux types de public sont accueillis selon les structures.
• Les épiceries exclusivement destinées à des personnes en situation de fragilité économique (bénéficiaires des minima sociaux, « travailleurs pauvres », familles monoparentales, retraités, intérimaires, étudiants sans ressources…). Leur accès à la structure est défini par des critères, notamment financiers, sur prescription sociale pour une durée limitée.
• Les épiceries dites « en mixité de public » proposent à la vente des denrées accessibles à tous les publics avec des tarifs différenciés selon les catégories socio-économiques, et des denrées réservées aux publics en situation de précarité (qui peuvent être également différenciés). Les premiers réalisent des achats à des prix plus élevés pour que d’autres bénéficient d’une tarification « sociale ».
Épicerie sociale et solidaire
Dernière date de mise à jour : 27/05/2026
Nombre de dispositifs
Les épiceries sociales et solidaires sont des initiatives associatives oeuvrant dans le champ de l’aide alimentaire et de la vente de produits de première nécessité. L’accès en libre-service de denrées y est proposé contre une participation financière proportionnelle à la valeur des produits. Les personnes accueillies y ont ainsi un statut de consommateur.
Public
Durée de l’accès
L’accès à l’épicerie est accordé pour une durée déterminée qui peut être renouvelée.
Missions
Donner accès à des produits alimentaires et de première nécessité à bas coût.
Les épiceries sociales peuvent oeuvrer comme des points de vente ou de manière mobile et proposer un temps d’accueil personnalisé. Lieu d’écoute et de convivialité, la confidentialité y est respectée.
En contrepartie de l’accès aux produits vendus par l’épicerie, les bénéficiaires établissent un projet. Les épiceries organisent des ateliers et donnent des conseils pour améliorer la vie quotidienne (budget, nutrition, santé, accès aux droits…).
Droits des usagers
Les projets signataires de la charte nationale des épiceries sociales et solidaires s’inscrivent dans les principes de solidarité et de dignité et visent à promouvoir l’émancipation, le renforcement du lien social, la santé par l’alimentation, la reprise de confiance et de dynamique…
Création
Liberté associative.
Financement et tarification
Les épiceries sociales et solidaires mobilisent des financements diversifiés, publics et privés. La participation des usagers, souvent entre 10 et 30 % du prix affiché, peut être adaptée à la situation de chaque personne. Les subventions publiques constituent le socle principal : l’État finance l’aide alimentaire via le BOP 304 (programme 304, action aide alimentaire), les collectivités territoriales — communes, Conseils départementaux et régionaux — apportent des soutiens complémentaires, tout comme la CAF et la CPAM. Le Crédit national aux épiceries solidaires (CNES) offre une subvention annuelle dédiée à l’approvisionnement, redistribuée par le réseau ANDES, qui propose également des appels à projets de 500 à 4 000 € pour l’équipement ou la diversification des activités. Le programme « Mieux Manger Pour Tous », lancé en 2023, soutient quant à lui un approvisionnement plus durable en produits biologiques, locaux ou en circuits courts.
Solvabilisation des personnes accompagnées
Accompagner l’accès aux droits et aux ressources, le pouvoir d’agir, organiser et optimiser les achats, gérer le budget alimentaire, préparer des repas équilibrés.
Références juridiques
• Article L.266-2 du CASF, dispositif de l’aide alimentaire de l’État.
Actions innovantes
- La participation des adhérents au fonctionnement de l’épicerie sociale et solidaire.
- Conjuguer solidarité alimentaire, consommation de qualité et responsabilisation des publics.
- Articuler la mise en œuvre d’activités bien-être et remise en forme en lien avec les préconisations du Programme national nutrition santé (PNNS), dont le 5e cycle 2025-2030 est en cours d’élaboration, visant à « améliorer la santé de chacun par l’alimentation et l’activité physique comme enjeu majeur de santé publique ».
- Faire de l’épicerie sociale la première brique d’un projet de tiers-lieu. 5e en exposant
Politiques publiques
Le modèle de l’épicerie sociale, en tant que forme modernisée d’aide alimentaire, recouvre des initiatives très hétérogènes qui bénéficient, à des degrés divers, du soutien d’acteurs publics. L’implication publique est particulièrement importante aux échelles communale et intercommunale. La charte nationale des épiceries sociales et solidaires, lancée en septembre 2020, définit ces dispositifs et constitue le cadre de référence commun à l’ensemble des acteurs.
Partenariats obligatoires
Banque Alimentaire, réseaux de commerce et producteurs locaux, tissu local associatif caritatif, communes, intercommunalités, CCAS…